On avait adoré Lignes de faille, on n’a pas été déçu par Infrarouge. Un roman fort d’une écrivain qui parvient toujours à mêler intelligence et émotions pures. Magnifique.
Rena se prépare à passer une semaine en Toscane. Elle y a invité son père, pour fêter son septantième anniversaire, et sa belle mère. Et cette semaine promet d’être un cauchemar. Tout d’abord son jeune et bel amant, Aziz, est resté à Paris. Puis son père, Simon, ancien chercheur, a terriblement vieilli. Il annule la moitié des visites et fait des arrêts extrêmement fréquents. Enfin, sa belle-mère, rescapée de la deuxième guerre mondiale, toujours effrayée par la perspective de mourir de faim, ne pense qu’à manger. La relation entre le vieux couple et la photographe de quarante-cinq ans qu’est Rena est plus que tendue.
Et Rena de nous raconter les merveilles de l’art toscan, l’émotion qu’elle a devant les œuvres renaissantes dont elle parle avec amour et érudition (pendant que sa belle mère ne s’intéresse qu’au sujet des œuvres qu’elle contemple avec méfiance et naïveté) mais nous parle également de sa vie, de ce père qu’elle a du mal à reconnaître et de sa passion pour les hommes. Qu’est-ce qui a fait de Rena cette femme indépendante, photographe passionnée, dévoreuse d’hommes, qui a eu quatre maris venant des quatre coins du monde et deux fils vivant aujourd’hui en Afrique.
C’est par ses fréquents dialogues avec son double, Subra, sorte de conscience qui doit son nom à la photographe Arbus, qui écoute ses confidences et analyse sans juger, que nous accédons peu à peu à la vie tourmentée de Rena : la disparition de sa mère longtemps absorbée par son métier, la perversité de son frère jaloux de la naissance de sa sœur, la faiblesse de son père en tant que chercheur et en tant que père. La petite Rena comprend très vite son pouvoir de séduction et le pouvoir qu’elle a sur les hommes. Et elle en joue, et elle s’y perd, même si elle a le sentiment de toujours avoir le dessus. Dans son obsession pour l’érotisme on sent que Rena se cherche.
Infrarouge est un livre poignant, dérangeant parfois, bouleversant toujours. S’il est vrai que c’est un livre féminin et féministe qui rappelle l’emprise qu’ont encore et toujours les hommes sur les femmes, il raconte surtout le destin d’une femme qui, à force de vouloir être forte comme un homme, s’est quelque peu perdue dans les méandres de la vie.
Si parfois le discours très intellectualisé de Rena et ses propos ultra-féministes ont quelque chose d’agaçant, ils sont en cohérence avec le personnage lui-même, qui se veut une femme forte par sa culture, par son approche du monde, par son regard sur les hommes, par son rapport au sexe. Un personnage qui va se fendiller tout au long de cette semaine italienne et qui va se révéler, tout en chagrins et douleurs, sous l’infrarouge du soleil toscan.
Rena se prépare à passer une semaine en Toscane. Elle y a invité son père, pour fêter son septantième anniversaire, et sa belle mère. Et cette semaine promet d’être un cauchemar. Tout d’abord son jeune et bel amant, Aziz, est resté à Paris. Puis son père, Simon, ancien chercheur, a terriblement vieilli. Il annule la moitié des visites et fait des arrêts extrêmement fréquents. Enfin, sa belle-mère, rescapée de la deuxième guerre mondiale, toujours effrayée par la perspective de mourir de faim, ne pense qu’à manger. La relation entre le vieux couple et la photographe de quarante-cinq ans qu’est Rena est plus que tendue.
Et Rena de nous raconter les merveilles de l’art toscan, l’émotion qu’elle a devant les œuvres renaissantes dont elle parle avec amour et érudition (pendant que sa belle mère ne s’intéresse qu’au sujet des œuvres qu’elle contemple avec méfiance et naïveté) mais nous parle également de sa vie, de ce père qu’elle a du mal à reconnaître et de sa passion pour les hommes. Qu’est-ce qui a fait de Rena cette femme indépendante, photographe passionnée, dévoreuse d’hommes, qui a eu quatre maris venant des quatre coins du monde et deux fils vivant aujourd’hui en Afrique.
C’est par ses fréquents dialogues avec son double, Subra, sorte de conscience qui doit son nom à la photographe Arbus, qui écoute ses confidences et analyse sans juger, que nous accédons peu à peu à la vie tourmentée de Rena : la disparition de sa mère longtemps absorbée par son métier, la perversité de son frère jaloux de la naissance de sa sœur, la faiblesse de son père en tant que chercheur et en tant que père. La petite Rena comprend très vite son pouvoir de séduction et le pouvoir qu’elle a sur les hommes. Et elle en joue, et elle s’y perd, même si elle a le sentiment de toujours avoir le dessus. Dans son obsession pour l’érotisme on sent que Rena se cherche.
Infrarouge est un livre poignant, dérangeant parfois, bouleversant toujours. S’il est vrai que c’est un livre féminin et féministe qui rappelle l’emprise qu’ont encore et toujours les hommes sur les femmes, il raconte surtout le destin d’une femme qui, à force de vouloir être forte comme un homme, s’est quelque peu perdue dans les méandres de la vie.
Si parfois le discours très intellectualisé de Rena et ses propos ultra-féministes ont quelque chose d’agaçant, ils sont en cohérence avec le personnage lui-même, qui se veut une femme forte par sa culture, par son approche du monde, par son regard sur les hommes, par son rapport au sexe. Un personnage qui va se fendiller tout au long de cette semaine italienne et qui va se révéler, tout en chagrins et douleurs, sous l’infrarouge du soleil toscan.



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