Le goût des pépins de pomme, Katharina HAGENALa douceur du souvenir et le poids des secrets : rien de bien neuf, mais un charme certain.
Ingrédient essentiel à tout été qui se respecte : la saga télé ! Ce n’est jamais du grand art, on connaît toutes les ficelles, mais on se laisse parfois prendre. Pour que le charme agisse, quelques éléments sont nécessaires : un personnage de femme à un tournant de sa vie, un lieu chargé de souvenirs (maison, propriété, village, vignoble,…), des secrets bien gardés, des liens familiaux tendus, le retour inopiné du passé et, bien sûr, une histoire d’amouuuur !
Ce n’est donc pas pour rien si, en commençant la lecture du premier roman de Katharina HAGENA, on ressent un sentiment de déjà vu.
Iris, la trentaine, hérite de la maison de sa grand-mère, quelque part dans la campagne allemande. Elle s’y installe pour quelques jours avant de décider si elle accepte ou non cet héritage qui aurait du, en toute logique, revenir à sa mère et à ses tantes. Elle ne venait plus dans cette maison depuis longtemps : sa grand-mère, atteinte d’Alzheimer, l’avait quittée pour une maison de repos et un événement douloureux semble éloigner Iris du lieu de son enfance. C’est pourtant là que dorment tous ses souvenirs : ses après-midi au jardin avec sa cousine Rosemarie et leur amie Mira, les histoires d’amours malheureuses de ses tantes, les bizarreries de sa grand-mère. Le passé revient peu à peu, vient même parfois frapper à la porte ou vous surprendre au bord du lac…
Rien de très original que tout ceci, me direz-vous. Certes, mais là où l’auteur réussit son coup, c’est qu’elle parvient rapidement à vous emporter dans l’histoire et à faire naître l’envie d’en savoir plus. La mémoire, l’oubli et le souvenir sont les thèmes centraux du roman et HAGENA parvient à les cueillir avec douceur et nostalgie, sans mièvrerie, par une écriture fluide et lumineuse. On pourrait craindre la platitude, il n’en est rien et on se laisse guider jusqu’aux ultimes révélations avec plaisir. Les lieux et la nature qui entourent la maison ravivent la mémoire d’Iris (on retrouve d’une certaine manière le procédé utilisé dans le dernier COE) mais les souvenirs résistent et il faut savoir les débusquer là où ils se cachent, comme les pépins au cœur de la pomme.


