22 août 2012

Toi, mon amie...

Kéthévane DAVRICHEWY, Les séparées

Une analyse tout en finesse sur la rupture d'une amitié. Un troisième roman subtil et touchant.

Alice et Cécile sont amies depuis presque toujours. Elles se sont rencontrées sur les banc de la maternelle, retrouvées sur ceux de l'école primaire pour ne plus se quitter pendant très longtemps. Pourtant tout les oppose : Alice a une famille unie, des parents qui s'aiment, deux sœurs dont elle est proche et vit dans un HLM. Cécile a un père riche et autoritaire, qui a eu trois épouses et un fils qu'il méprise. Alice est vive et spontanée. Cécile est plus sensible et fragile. Mais leur amitié est très forte.
Le roman s'ouvre sur la victoire de Mitterand, le 10 mai 1981. Cécile est chez Alice, la famille saute de joie et décide de fêter ça. Cécile s'amuse à imaginer la rage de son père.
Dans le chapitre suivant, trente ans plus tard, Alice est en train de quitter son mari, ses enfants sont grands et on apprend qu'elle ne voit plus Cécile. 
Qu'est-ce qui a donc brisé cette longue et profonde amitié ? Nous l’apprenons peu à peu, en lisant tour à tour les flash-back sur la jeunesse des deux amies, la vie d'Alice et le monologue de Cécile qui, plongée dans un coma dont personne ne sait si elle ressortira, s'adresse à Alice pour tenter de comprendre ce qui les a séparées.
On retrouve dans ce roman tous les ingrédients d'une histoire d'amitié d'adolescentes quelque peu clichée : les premiers amours, la découverte de la sexualité, la drogue, le sida, les relations familiales difficiles, l'inceste... Et pourtant, la finesse de l'écriture de Kéthévane DAVRICHEWY, l'alternance de discours, le bilan que font les deux amies à un âge où elles savent que le plus gros est derrière elles en font un récit absolument savoureux. Et surtout, Cécile et Alice adolescentes sont tout à fait crédibles et bien loin des descriptions superficielles et fausses de la plupart des romans qui parlent de la jeunesse.
Le très beau roman de Kéthévane DAVRICHEWY est un récit qui nous rappelle également qu'une histoire d'amitié, à l'instar d'une histoire amoureuse, peut être à la fois intense, déterminante, bénéfique et douloureuse.

Référence :
Kéthévane DAVRICHEWY, Les séparées, Sabine Wespieser éditeur, 2012.

8 commentaires:

  1. Très tentant ! Question qui va peut-être te sembler saugrenue : y'a combien de pages ?

    RépondreSupprimer
  2. J'ai beaucoup aimé aussi ! Mais je ne me souviens plus ce qu'elle a fait avant ? (Je sais que je n'en ai pas lu par contre!) parce qu'elle a aussi fait beaucoup de jeunesse n'est ce pas ?
    Je me permets de répondre à InColdBlog : peu, c'est un roman très court, tu peux te lancer ;-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci ;) ! Je craignais un peu que ça peine à tenir la route sur la longueur. Je note donc avec deux plus d'enthousiasme.

      Supprimer
    2. C'est aussi le premier livre d'elle que je lis. Je sais qu'elle a publié à L'école des loisirs pour la jeunesse et deux autres romans : Tout ira bien et La mer noire. Et effectivement, celui-ci est très court (181p).

      Supprimer
  3. Sur beaucoup d epoints, ça me rappelle D'acier de Silvia Avallone que je viens de terminer. Je suis assez tenté^^

    RépondreSupprimer
  4. Je n'ai pas trop accroché à ce roman, j'avais de loin préféré La mer Noire (et, pour répondre à Jérôme, c'est beaucoup moins fort que D'acier, à mon avis)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est le premier que je lis de cette auteur. Mais ça me donne envie ces précédents. Surtout si tu m'en dis du bien.

      Supprimer